Témoignage, Stéphane Lejolivet, Santeny Automobiles (94)

Cet article est extrait du n° 92 de Profession Carrossier dans le cadre d’un grand dossier « Covid-19 – Le choc économique »

Quelle période exceptionnelle !

Qui aurait pu imaginer… le Monde à l’arrêt durant presque deux mois et un avenir incertain pour beaucoup. Le drame s’est installé comme une traînée de poudre. Après le terrible épisode sanitaire, nous mettons le nez dehors avec quelques craintes. Les ouvriers, les employés regagnent leurs lieux de travail. N’allons pas plus loin dans une description. Nous connaissons, par le détail ce qui s’est passé, mais pas ce qui va advenir. Ainsi, ce numéro 92 de Profession Carrossier n’est pas ordinaire… et peut être sera-t-il collector ! En voici un extrait à la rencontre avec Stéphane Lejolivet, Santeny Automobiles (94)

« Rester ouvert par esprit de service

Un vrai passionné, pragmatique et organisé qui a découvert le maniement du pistolet de peintre dès l’âge de 8 ans dans l’atelier de son père carrossier. Quatre décennies plus tard, Stéphane Lejolivet est le propriétaire d’une belle affaire achetée  il y a 4  ans. Nous sommes à Santeny (94) en bordure de la RN19, à seulement 26 kilomètres de Paris. L’affaire, 2000 m² sur un terrain de 5700 m², est entourée de quelques gros commerces porteurs d’une clientèle de potentielle. L’ensemble comprend les ateliers de carrosserie et de mécanique complétés par  une activité de vente  de voitures, neuves et occasions animée par une vendeuse dédiée.

Pourtant dans la période actuelle, avec un confinement généralisé depuis le 17 mars 2020, les showrooms ne sont plus accessibles aux clients. C’est d’autant plus dommage que généralement les clients ne s’y bousculent pas. Alors, cela a été la première réflexion de Stéphane Lejolivet … que fallait-il faire, car son but était de poursuivre l’activité de l’atelier qui était autorisé. Après une courte période de fermeture, afin de réfléchir à la meilleure organisation possible, quatre compagnons reprennent le travail sur 8 habituellement. Du côté des protections, le personnels est équipé, le gel hydro-alcoolique est à disposition, y compris des clients et les distances sont respectées. Le hall d’exposition est délimité avec de la rubalise rouge et blanche et une distance est prévue pour l’accès au comptoir d’accueil. Les difficultés ont vu le jour au fur et à mesure, comme pour tous les professionnels de l’automobile ouverts à cette période. Tout d’abord, les experts ne travaillent pas ou alors, ils sont confinés au bureau. L’auto-expertise en EAD est reine.

Ensuite les accords sont fonction de la gravité du choc et les V.E. doivent repasser un contrôle technique. Cela engendre des retards et il n’est économiquement pas possible de fournir gratuitement des voitures de remplacement sur des périodes longues. L’autre problème réside dans la disponibilité des pièces de carrosserie comme des pièces mécaniques. « Du jour au lendemain un grand nombre de réseaux constructeurs ont fermé. Portant ils n’étaient pas obligés. A partir de ce moment-là, nous ne pouvions pas terminer certains chantiers. Toutefois, même peu nombreuses, des concessions automobiles ont gardé un service minimum. Au bout du compte, avec 50% de personnel en moins, nous avons réussi à réaliser 50% du chiffre d’affaires de l’année passée. Ce n’est pas si mal lorsqu’on sait que 80% des voitures étaient à l’arrêt durant cette période et la sinistralité a baissé d’autant. » explique Stéphane Lejolivet qui s’attend à une période longue avant de revenir à un niveau d’activité normal. Il sait déjà que le chiffre d’affaires 2020 ne sera pas à la hauteur de celui de 2019 ( 2 millions d’euros). Par sécurité, des reports de loyers ont été enclenchés.

 

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